dimanche 25 octobre 2026

Jezebel (standard N° 2)

 


Il y a quelques temps, je suis tombé sur plusieurs versions de la chanson Jezebel, à quelques semaines d’écart. Je l’aime beaucoup, avec sa mélodie un peu orientale et assez élaborée. L’ambiance est à la fois tragique et enthousiaste. Parmi les versions, un 45tours de Frankie Laine (EP Philips429.384 BE), sur lequel ce morceau n’est pas celui mis en avant. Belle version mais un peu commerciale, façon crooner. Je me suis rendu compte en cherchant qu’il s’agissait de la création originale de ce titre.

J’ai ensuite mis la main sur une version des excellents Everly Brothers, très enlevée et caractéristique de leur style, les rangements y sont assez différents de ceux des autres versions (45t Warner Bros WV 5013, enr. 1962). Et puis je suis tombé sur une version par les Chaussettes Noires, avec paroles en français, du coup (EP Barclay 70 529). Version plus rapide ; Eddy Mitchell a encore une voix très jeune, plutôt aigue.

Cette version s’inspire probablement de celle de Gene Vincent, que j’ai justement récupérée aussi, sur une vielle compile 33 tours des années 70 (Les pionniers du rock, vol.1, Capitol). En fait, je crois comprendre que c’est lui qui a donné à cette chanson une couleur rock and roll, en 1956, avec de superbes arpèges de guitare et un coté sulfureux propre à ce style. Ce qui a donné lieu à plusieurs reprises par des groupes de rock du début des 60’s, dont les Chaussettes Noires.


Cependant, cette chanson avait été créé bien avant, composée en 1951 par l’américain Wayne Shanklin. C’est Frankie Laine qui l’a popularisée la même année (gros tube) mais je n’ai pas compris si elle lui était directement destinée ou bien s’il l’a juste reprise. Toujours est-il qu’il existe aussi une version sorite en 1951 par Wayne Shaklin, qui est très bonne, dans un style plus country, alors que l’autre est plus orchestrée, façon Hollywood.


Mais le titre est rapidement devenu très populaire aussi en France, grâce à une adaptation en français par Charles Aznavour, pour Edith Piaf, toujours en 1951. Charles la chantera lui aussi dès 1952, puis la réengistrera en 1963 - la même année que les Chaussettes Noires. Évidemment, les arrangements de 1951 sont moins rock and roll que ceux de Gene Vincent en 1956, mais le charme de la mélodie est bien présent.

Au fait, qui est Jezebel (ou Jézabel en français) ? C’est une princesse phénicienne dans l’Ancien testament. Pour s’être opposée à un prophète, elle a été exécutée cruellement. Dans l’histoire, elle est devenue le symbole d’une femme impie et séductrice et elle a inspiré de nombreuses œuvres culturelles, dont le film « Jezebel / L’insoumise » en 1931, avec Bette Davis.

« Ce démon qui brûlait mon cœur / Cet ange qui séchait mes pleurs / C'était toi, Jezebel, c'était toi [...] Mais pour toi, je ferais le tour de la terre / J'irais jusqu'au fond des enfers. »



Mais moi, ce morceau, je l’ai connu - et j’ai flashé dessus – par une autre version, il y a bien longtemps. C’est celle des Milkshakes, un fameux groupe de garage rock de la scène anglaise des années 80, sur un 33tours « Live from Chatham », enregistré en 1983 au Medway Indian Club, sorti par Hangman Records en 1987. C’est l’un des premiers groupes de Billy Childish. Les arrangements s’inspirent fort logiquement de la version de Gene Vincent, mais en plus garage rock et ça sonne super bien, une merveille ! A cette époque, je ne devais même pas savoir qu’il s’agissait d’une reprise et j’étais loin de m’imaginer que j’en découvrirai un jour autant d’autres versions. Avec le recul, je mesure qu’il s’agit d’une très belle chanson intemporelle et je me réjouis de toutes les versions qui me restent encore à découvrir...




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Jezebel (standard N° 2)

  Il y a quelques temps, je suis tombé sur plusieurs versions de la chanson Jezebel , à quelques semaines d’écart. Je l’aime beaucoup, avec ...